Les acteurs du projet « Diffusion de formulations hydro-alcooliques de substances végétales contre les mouches de fruits du manguier au Burkina Faso » ont organisé deux sessions de formation, de manière participative à la production des formulations hydroalcooliques avec les techniciens de l’agriculture et les producteurs. C’était, du 21 au 22 et du 28 au 29 novembre 2025, à Orodara, sous la présidence du Directeur Provincial de l’Agriculture et des Ressources Animales et Halieutiques du Kénédougou (DPARAH), M. Gassi LOUGUE.

Avec pour objectif de renforcer les capacités des participants sur la production des formulations hydro-alcooliques pour la lutte contre les mouches des fruits du manguier, ces deux sessions de formation ont regroupé une quarantaine de participants, composés de techniciens de l’agriculture (DVRD) et les producteurs (APROMAB, UNPMB). S’étalant sur deux jours chacune, elles ont surtout permis aux apprenants, d’i Identifier et reconnaître les mouches de fruits, de comprendre leur cycle de vie et leurs dégâts, de découvrir les méthodes de lutte existantes, de préparer et appliquer les formulations hydroalcooliques végétales mais surtout de mettre en pratique l’application dans les vergers de manguiers.



Qu’est-ce qui justifie ces sessions ?
La filière mangue au Burkina Faso génère près de 15 milliards FCFA par an avec une production estimée à 197 000 tonnes. Cependant, les attaques des mouches de fruits (𝐶𝑒𝑟𝑎𝑡𝑖𝑡𝑖𝑠 𝑐𝑜𝑠𝑦𝑟𝑎 et 𝐵𝑎𝑐𝑡𝑟𝑜𝑐𝑒𝑟𝑎 𝑑𝑜𝑟𝑠𝑎𝑙𝑖𝑠) entraînent des pertes pouvant aller jusqu’à 85% si aucune mesure de lutte n’est mise en place, aux dires du Dr Rémy DABIRE, chef de l’équipe Connaissance et Gestion Intégrée des Insectes Nuisibles des Mouches des Fruits (CGIN/FL).
Plusieurs méthodes de lutte ont été développés pour venir à bout de ces ravageurs. Malheureusement ces méthodes ont très vite montré des limites : indisponibilité sur de la technologie le marché et toxicité de certains produits. Comme le souligne M. Adama Traoré, producteur de son état, certains produits achetés sur le marché sont très toxiques. « J’ai l’habitude d’utiliser le produit « LAMDA » pour traiter mon verger. Normalement, il est utilisé dans le maraîchage » a-t-il ajouté. « Un jour je l’ai utilisé très tôt le matin alors que je n’avais pas mangé. Malgré que je m’étais protégé, j’ai eu des malaises dans le verger », a souligné M. Traoré. Pour les producteurs qui sont dans la production bio, l’utilisation de pesticides n’est pas permise. « C’est bon de trouver des alternatives plus économiques et plus facilement reproductives, d’où l’intérêt de cette formation », aux dires du DPARAH, M. Gassi LOUGUE. De plus, à entendre le Dr SEMDE, des ennemis naturels des insectes ravageurs existent dans les vergers. Ces derniers sont naturellement des alliés pour les producteurs, dans le sens où ils combattent les mouches de fruits. « Il faut éviter l’utilisation de produits toxiques pour ne pas combattre également ces insectes alliés », a lâché la coordonnatrice.
Malheureusement, les effets toxiques des produits chimiques ne sont qu’une petite partie de leurs limites. Face aux limites des méthodes chimiques, il faut trouver d’autres alternatives pour redorer le blason de la filière. C’est pour cela que les chercheurs du Centre Régional d’Excellence en Fruits et Légumes (CRE-FL), de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) ont pris le problème à bras le corps. Ils ont développé des formulations hydroalcooliques à base de substances végétales (𝐶𝑎𝑝𝑠𝑖𝑐𝑢𝑚 𝑎𝑛𝑛𝑢𝑢𝑚 et 𝑆𝑡𝑟𝑜𝑝ℎ𝑎𝑛𝑡𝑢𝑠 ℎ𝑖𝑠𝑝𝑖𝑑𝑢𝑠). Selon le Dr Rabieta SEMDE, coordonnatrice du projet, ces technologies proposent une alternative durable. « Ces deux technologies produites à base de produits naturels et disponibles sont respectueuses de l’environnement et de la santé humaine », ajoutera la coordonnatrice.

Une batterie de partenaires de mise en œuvre…
Le projet « Diffusion de formulations hydro-alcooliques de substances végétales contre les mouches de fruits du manguier au Burkina Faso » est financé par le Fonds National de la Recherche et de l’Innovation (FONRID), à travers son 7ème appel. Il est coordonné par l’Institut de l’Environnement et de Recherche Agricoles (INERA). Dans sa mise en œuvre, il bénéficie d’un partenariat de choix avec l’Union Nationale des Sociétés Coopératives des Producteurs de Mangue du Burkina (UNPMB), le Ministère de l’Agriculture à travers la Direction de la Vulgarisation, Recherche Diffusion (DVRD) et l’Association inter Professionnelle Mangue du Burkina (APROMAB). Ces sessions de formations sont donc est une étape clé pour renforcer la lutte écologique contre les mouches de fruits et améliorer la rentabilité de la filière mangue au Burkina Faso.


Flavienne





