Bio insecticides : Quand les plantes locales protègent nos cultures

𝑳𝒆 𝒗𝒆𝒏𝒅𝒓𝒆𝒅𝒊 𝟏𝟒 𝒐𝒄𝒕𝒐𝒃𝒓𝒆, 𝒍’𝑰𝒏𝒔𝒕𝒊𝒕𝒖𝒕 𝒅𝒆 𝑹𝒆𝒄𝒉𝒆𝒓𝒄𝒉𝒆 𝒆𝒏 𝑺𝒄𝒊𝒆𝒏𝒄𝒆𝒔 𝑨𝒑𝒑𝒍𝒊𝒒𝒖é𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝑻𝒆𝒄𝒉𝒏𝒐𝒍𝒐𝒈𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 (𝑰𝑹𝑺𝑨𝑻) 𝒂 𝒑𝒓𝒐𝒄é𝒅é à 𝒍𝒂 𝒄𝒍ô𝒕𝒖𝒓𝒆 𝒅𝒖 𝒑𝒓𝒐𝒋𝒆𝒕 𝒅𝒊𝒇𝒇𝒖𝒔𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆𝒔 𝒃𝒊𝒐 𝒊𝒏𝒔𝒆𝒄𝒕𝒊𝒄𝒊𝒅𝒆𝒔 à 𝒃𝒂𝒔𝒆 𝒅’𝒆𝒙𝒕𝒓𝒂𝒊𝒕𝒔 𝒅𝒆 𝒑𝒍𝒂𝒏𝒕𝒆𝒔 𝒍𝒐𝒄𝒂𝒍𝒆𝒔. 𝑪’é𝒕𝒂𝒊𝒕 𝒔𝒐𝒖𝒔 𝒍𝒂 𝒑𝒓é𝒔𝒊𝒅𝒆𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒖 𝑫𝒊𝒓𝒆𝒄𝒕𝒆𝒖𝒓 𝑹é𝒈𝒊𝒐𝒏𝒂𝒍 𝒅𝒆 𝒍’𝑰𝑹𝑺𝑨𝑻, 𝒍𝒆 𝑫𝒓 𝑪é𝒅𝒓𝒊𝒄 𝑭. 𝑲𝑨𝑴𝑩𝑰𝑹𝑬.

Avec pour objectif d’examiner les acquis du projet FONRID N°0020/AP7, intitulé « 𝗗𝗶𝗳𝗳𝘂𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗯𝗶𝗼𝗶𝗻𝘀𝗲𝗰𝘁𝗶𝗰𝗶𝗱𝗲𝘀 à 𝗯𝗮𝘀𝗲 𝗱’𝗲𝘅𝘁𝗿𝗮𝗶𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗖𝗹𝗲𝗼𝗺𝗲 𝘃𝗶𝘀𝗰𝗼𝘀𝗮 𝗟. 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗖𝗮𝘀𝘀𝗶𝗮 𝗻𝗶𝗴𝗿𝗶𝗰𝗮𝗻𝘀 𝗩𝗮𝗵𝗹 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝗻𝗼𝗰𝘁𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗛𝗲𝗹𝗶𝗰𝗼𝘃𝗲𝗿𝗽𝗮 𝗮𝗿𝗺𝗶𝗴𝗲𝗿𝗮, 𝗿𝗮𝘃𝗮𝗴𝗲𝘂𝗿 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝘁𝗼𝗺𝗮𝘁𝗲 𝗮𝘂 𝗕𝘂𝗿𝗸𝗶𝗻𝗮 𝗙𝗮𝘀𝗼», cet atelier a regroupé une vingtaine de personnes constituées de partenaires et  bénéficiaires  du  projet, que sont les producteurs, les agro-industriels et les agents vulgarisateurs et d’appuis conseils du ministère en charge de l’agriculture des régions du Guiriko, des Tannounyan et du Kadiogo.

Un combat réussi contre la noctuelle des tomates…

Selon le coordonnateur du projet, le 𝐃𝐫 𝐌𝐀𝐍𝐎 𝐄𝐥𝐢𝐚𝐬, le projet a relevé avec succès, dans sa mise en œuvre, le défi de la lutte contre la noctuelle Helicoverpa armigera, un ravageur redoutable des cultures de tomates.

Il s’agit, d’une part, de la formulation de deux bioinsecticides efficaces et non toxiques. D’autre part, il y a la réduction significative des pertes de tomates en milieu réel, grâce aux tests participatifs. « 𝑳𝒆𝒔 𝒃𝒊𝒐𝒊𝒏𝒔𝒆𝒄𝒕𝒊𝒄𝒊𝒅𝒆𝒔 𝒔𝒐𝒏𝒕 𝒅é𝒔𝒐𝒓𝒎𝒂𝒊𝒔 𝒂𝒅𝒐𝒑𝒕é𝒔 𝒑𝒂𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒎𝒂𝒓𝒂î𝒄𝒉𝒆𝒓𝒔 à 𝒕𝒓𝒂𝒗𝒆𝒓𝒔 𝒅𝒆𝒔 𝒂𝒕𝒆𝒍𝒊𝒆𝒓𝒔 𝒑𝒓𝒂𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒊𝒏𝒄𝒍𝒖𝒔𝒊𝒇𝒔. 𝑨𝒖𝒔𝒔𝒊, 𝒍𝒆𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒅𝒖𝒄𝒕𝒆𝒖𝒓𝒔, 𝒍𝒆𝒔 𝒂𝒈𝒓𝒐-𝒊𝒏𝒅𝒖𝒔𝒕𝒓𝒊𝒆𝒍𝒔 𝒆𝒕 𝒍𝒆𝒔 𝒂𝒈𝒆𝒏𝒕𝒔 𝒅’𝒂𝒈𝒓𝒊𝒄𝒖𝒍𝒕𝒖𝒓𝒆 𝒐𝒏𝒕 é𝒕é 𝒇𝒐𝒓𝒎é à 𝒍𝒂 𝒑𝒓𝒐𝒅𝒖𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆 𝒄𝒆𝒔 𝒃𝒊𝒐𝒊𝒏𝒔𝒆𝒄𝒕𝒊𝒄𝒅𝒆𝒔, 𝒔𝒖𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒕𝒆𝒄𝒉𝒏𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒅𝒆 𝒔𝒖𝒓𝒗𝒆𝒊𝒍𝒍𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆𝒔 𝒊𝒏𝒔𝒆𝒄𝒕𝒆𝒔 𝒓𝒂𝒗𝒂𝒈𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒂𝒖 𝒄𝒉𝒂𝒎𝒑 𝒆𝒕 𝒔𝒖𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒃𝒐𝒏𝒏𝒆𝒔 𝒑𝒓𝒂𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒅𝒆 𝒄𝒖𝒍𝒕𝒖𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒕𝒐𝒎𝒂𝒕𝒆 𝒃𝒊𝒐𝒍𝒐𝒈𝒊𝒒𝒖𝒆. 𝑬𝒏𝒇𝒊𝒏, 𝒍𝒆𝒔 𝒓é𝒔𝒖𝒍𝒕𝒂𝒕𝒔 𝒅𝒖 𝒑𝒓𝒐𝒋𝒆𝒕 𝒐𝒏𝒕 é𝒕é 𝒍𝒂𝒓𝒈𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒊𝒇𝒇𝒖𝒔é𝒔 𝒆𝒕 𝒗𝒂𝒍𝒐𝒓𝒊𝒔é𝒔 𝒔𝒖𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒕é𝒍é𝒗𝒊𝒔𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒏𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏𝒂𝒍𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒔𝒖𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒓é𝒔𝒆𝒂𝒖𝒙 𝒔𝒐𝒄𝒊𝒂𝒖𝒙 », ajoutera le 𝐃𝐫 𝐌𝐀𝐍𝐎. A entendre le coordonnateur, ce projet illustre la force des savoirs locaux et l’importance de l’innovation participative pour une agriculture durable et résiliente.

Depuis sa mise en œuvre en 2021, les activités ont permis de collecter des plantes insecticides, de produire des formulations liquides des bioinsecticides et de les appliquer en plein champ école de démonstration sur trois sites expérimentaux (Toussiana, Tengrela et Kouba) dans les régions du Guiriko, du Centre et des Cascades.

Le constat est clair. Ces bioinsecticides réduisent significativement l’incidence du ravageur Helicoverpa armigera et améliorent la production de la tomate.

Dr MANO Elias : « A Kouba, 5 litres des bioinsecticides pour un hectare ont permis de réduire la noctuelle à plus de 55,66%. A Tengrela, le taux de réduction de la noctuelle est de 66,27% avec des rendements moyens de plus de 15,34 à 26,58 tonnes à l’hectare. En somme, BIO H 12 SL et BIO H 99 SL permettent de contrôler la noctuelle de H. armigera.« 

Dr MANO Elias, chercheur à l’IRSAT est le coordonnateur du projet !

Retour sur les motivations du projet…

La culture maraîchère est d’une importance capitale au Burkina Faso car elle améliore la nutrition et l’autosuffisance alimentaire, génère des revenus pour les ménages, et soutient l’économie du pays en tant qu’activité génératrice de revenus et contribuant à la sécurité alimentaire. La tomate est la deuxième culture maraîchère après l’oignon, avec une production de 250.000 tonnes par an. Elle assure des revenus aux producteurs et contribue à lutter contre la pauvreté.

« 𝑴𝒂𝒍𝒉𝒆𝒖𝒓𝒆𝒖𝒔𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕, 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒄𝒖𝒍𝒕𝒖𝒓𝒆 𝒔𝒖𝒃𝒊𝒕 𝒆𝒏𝒄𝒐𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝒍𝒐𝒖𝒓𝒅𝒆𝒔 𝒑𝒆𝒓𝒕𝒆𝒔 é𝒗𝒂𝒍𝒖é𝒆𝒔 à 𝟗𝟎% 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒑𝒓𝒐𝒅𝒖𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏, 𝒄𝒂𝒖𝒔é𝒆𝒔 𝒑𝒂𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒓𝒂𝒗𝒂𝒈𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒅𝒐𝒏𝒕 𝑯𝒆𝒍𝒊𝒄𝒐𝒗𝒆𝒓𝒑𝒂 𝒂𝒓𝒎𝒊𝒈𝒆𝒓𝒂, 𝒖𝒏𝒆 𝒄𝒉𝒆𝒏𝒊𝒍𝒍𝒆 𝒓𝒆𝒅𝒐𝒖𝒕𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒓𝒆 𝒍𝒂 𝒕𝒐𝒎𝒂𝒕𝒆 𝒂𝒖 𝑩𝒖𝒓𝒌𝒊𝒏𝒂 𝑭𝒂𝒔𝒐 », a souligné le Directeur Régional de l’IRSAT-Ouest, le 𝐃𝐫 𝐂é𝐝𝐫𝐢𝐜 𝐅. 𝐊𝐀𝐌𝐁𝐈𝐑𝐄. C’est pour pallier à ces problèmes que le projet de diffusion des bioinsecticides BIO H 12 SL et BIO H 99 SL a été pensé, en vue de contribuer au développement des techniques de gestion durables des nuisibles de la cultures et des récoltes de la tomate. « 𝑰𝒍 𝒂 𝒑𝒆𝒓𝒎𝒊𝒔 𝒅𝒆 𝒓é𝒅𝒖𝒊𝒓𝒆 𝒍𝒆𝒔 𝒊𝒏𝒇𝒆𝒔𝒕𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒅𝒆𝒔 𝒊𝒏𝒔𝒆𝒄𝒕𝒆𝒔 𝒓𝒂𝒗𝒂𝒈𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒆𝒕 𝒂𝒖𝒈𝒎𝒆𝒏𝒕𝒆𝒓 𝒂𝒊𝒏𝒔𝒊 𝒍𝒆 𝒓𝒆𝒏𝒅𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒕𝒐𝒎𝒂𝒕𝒆 𝒂𝒖 𝑩𝒖𝒓𝒌𝒊𝒏𝒂 𝑭𝒂𝒔𝒐 » a laissé comprendre le coordonnateur du projet.

Des perspectives pour la pérennisation des acquis …

Pour permettre aux acteurs de continuer à profiter des acquis engrangés, l’équipe de gestion du projet a mis en place une plateforme de promotion de bioinsecticides pour la formation continue des producteurs et entrepreneurs agricoles. Selon le 𝐃𝐫 𝐌𝐀𝐍𝐎 𝐄𝐥𝐢𝐚𝐬, des projets de vulgarisation pourront être élaborés pour former un grand nombre de producteurs et de techniciens agricoles sur la formulation et l’utilisation de BIO H 12 SL et BIO H 99 SL. Et pour joindre l’utile à l’agréable, un document de vulgarisation a été élaboré au profit des producteurs sur la surveillance des bio agresseurs, la formulation des différentes méthodes d’utilisation de BIO H 12 SL et BIO H 99 SL.

Un consortium de partenaires pour plus d’impacts…

Le projet FONRID N°0020/AAP7, intitulé « 𝗗𝗶𝗳𝗳𝘂𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗯𝗶𝗼𝗶𝗻𝘀𝗲𝗰𝘁𝗶𝗰𝗶𝗱𝗲𝘀 à 𝗯𝗮𝘀𝗲 𝗱’𝗲𝘅𝘁𝗿𝗮𝗶𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗖𝗹𝗲𝗼𝗺𝗲 𝘃𝗶𝘀𝗰𝗼𝘀𝗮 𝗟. 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗖𝗮𝘀𝘀𝗶𝗮 𝗻𝗶𝗴𝗿𝗶𝗰𝗮𝗻𝘀 𝗩𝗮𝗵𝗹 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝗻𝗼𝗰𝘁𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗛𝗲𝗹𝗶𝗰𝗼𝘃𝗲𝗿𝗽𝗮 𝗮𝗿𝗺𝗶𝗴𝗲𝗿𝗮, 𝗿𝗮𝘃𝗮𝗴𝗲𝘂𝗿 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝘁𝗼𝗺𝗮𝘁𝗲 𝗮𝘂 𝗕𝘂𝗿𝗸𝗶𝗻𝗮 𝗙𝗮𝘀𝗼 » est un projet financé par le Fond National de la Recherche et de l’Innovation pour le Développement (FONRID).

Pour sa mise en œuvre, il a bénéficié de l’accompagnement technique d’autres partenaires. Il s’agit de  l’Institut de Recherche en Sciences Appliquées et Technologies (IRSAT) chargé des aspects scientifiques, technologiques et administratifs, de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) chargé des aspects expérimentaux et agro économiques, du Centre National de l’Agriculture Biologique (CNABio) chargé des aspects de conformité biologique, de l’Institut de Recherches en Sciences de la Santé (IRSS) chargé des aspects sanitaires (toxicité) des technologies diffusées et de la Direction de la Vulgarisation et de la Recherche Développement (DVRD) du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Animales et Halieutiques (MARAH) chargé de la mobilisation des acteurs et des bénéficiaires du projet.

Photo de famille des participants !

Catherine TIANIAGOU/Raoul SOME