Filière manioc et PDCO : Les acteurs formés sur la production de farine panifiable et de pain

𝙇𝙚𝙨 𝙖𝙘𝙩𝙚𝙪𝙧𝙨 𝙙𝙚𝙨 𝙛𝙞𝙡𝙞è𝙧𝙚𝙨 𝙋𝙖𝙩𝙖𝙩𝙚 𝘿𝙤𝙪𝙘𝙚 à 𝘾𝙝𝙖𝙞𝙧 𝙊𝙧𝙖𝙣𝙜𝙚 (𝙋𝘿𝘾𝙊) 𝙚𝙩 𝙢𝙖𝙣𝙞𝙤𝙘 é𝙩𝙖𝙞𝙚𝙣𝙩 à 𝙡’é𝙘𝙤𝙡𝙚 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙩𝙧𝙖𝙣𝙨𝙛𝙤𝙧𝙢𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣, 𝙙𝙪 19 𝙖𝙪 20 𝙨𝙚𝙥𝙩𝙚𝙢𝙗𝙧𝙚 2025 à 𝘽𝙤𝙗𝙤-𝘿𝙞𝙤𝙪𝙡𝙖𝙨𝙨𝙤. 𝙇𝙖 𝙨𝙚𝙨𝙨𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚 𝙛𝙤𝙧𝙢𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 é𝙩𝙖𝙞𝙩 𝙥𝙡𝙖𝙘é𝙚 𝙨𝙤𝙪𝙨 𝙡𝙖 𝙥𝙧é𝙨𝙞𝙙𝙚𝙣𝙘𝙚 𝙙𝙪 𝘿𝙞𝙧𝙚𝙘𝙩𝙚𝙪𝙧 𝙍é𝙜𝙞𝙤𝙣𝙖𝙡 𝙙𝙚 𝙡’𝙄𝙣𝙨𝙩𝙞𝙩𝙪𝙩 𝙙𝙚 𝙍𝙚𝙘𝙝𝙚𝙧𝙘𝙝𝙚 𝙚𝙣 𝙎𝙘𝙞𝙚𝙣𝙘𝙚𝙨 𝘼𝙥𝙥𝙡𝙞𝙦𝙪é𝙚𝙨 𝙚𝙩 𝙏𝙚𝙘𝙝𝙣𝙤𝙡𝙤𝙜𝙞𝙚𝙨 IRSAT-𝙊𝙪𝙚𝙨𝙩, 𝙧𝙚𝙥𝙧é𝙨𝙚𝙣𝙩é 𝙥𝙖𝙧 𝙡𝙚 𝘿𝙧 𝘽𝙖𝙮𝙞𝙡𝙞 𝙂𝙚𝙤𝙛𝙛𝙧𝙤𝙮 𝙍𝙤𝙢𝙖𝙧𝙞𝙘, 𝘾𝙝𝙚𝙛 𝙙𝙚 𝙎𝙚𝙧𝙫𝙞𝙘𝙚 𝙎𝙘𝙞𝙚𝙣𝙩𝙞𝙛𝙞𝙦𝙪𝙚 𝙚𝙩 𝙏𝙚𝙘𝙝𝙣𝙞𝙦𝙪𝙚.

C’est une activité qui s’inscrit dans le cadre du projet FONRID « Développement d’une technologie de production de farine panifiable et de pain à base de  manioc et de PDCO ». Elle a regroupé une vingtaine de personnes composées de meuniers, de boulangers, de pâtissiers, de transformatrices, d’incubés et de stagiaires. Selon la coordonnatrice du projet, le Dr Coulibaly/Diakité Mariam, cette session avait pour objectif de renforcer les capacités des participants sur les techniques de production de farine panifiable et de pain (en baguette et sucré) à base de manioc et de PDCO. Elle a permis, deux jours durant, aux participants, de bénéficier de modules théoriques et pratiques portant sur les bonnes pratiques d’hygiène, la transformation du manioc et de PDCO en farine panifiable, la fabrication de pain ainsi que les stratégies de commercialisation. 

Les participants à pied d’œuvre pendant la pratique !

L’initiative de cette session …

Le Burkina Faso est un pays producteur de de manioc et de Patate Douce à Chair Orange (PDCO).

Le manioc est le troisième tubercule cultivé dans le pays après l’igname et la patate douce. Les rendements du manioc oscillent entre 7 et 15 tonnes/hectare, avec un potentiel pouvant atteindre 100 tonnes/hectare dans des conditions optimales. En termes de transformation, la filière reste majoritairement artisanale et manuelle, bien que des unités semi-industrielles émergent progressivement. Les produits dérivés du manioc incluent l’attiéké, le gari, la farine de manioc, le tapioca et l’amidon.

Quant à la PDCO, c’est une culture en pleine expansion. Cultivée principalement dans les régions des Hauts-Bassins, du Centre-Ouest et du Centre-Est, elle allie nutrition, résilience et opportunités économiques, avec un cycle court de 3 à 5 mois, idéale pour les zones à faible pluviométrie. Avec ses multiples produits dérivés, la PDCO favorise l’autonomisation des femmes et la création d’activités génératrices de revenus, surtout pour les ménages vulnérables.

Malheureusement, le manioc et la PDCO qui auraient pu soulager les acteurs, à travers la création de revenu, d’emplois et l’amélioration de la sécurité alimentaire, ne sont pas beaucoup valorisés. Parallèlement, le pain est rentré dans l’habitude alimentaire des Burkinabè, tandis que son importation est devenue un goulot d’étranglement, compte tenu des crises internationales, mais aussi au problème sécuritaire que vit notre pays. Il faut trouver des alternatives afin de diminuer son importation.

Cela passe nécessairement par la création de nouvelles recettes en y incorporant d’autres matières premières. C’est dans ce cadre, que les chercheurs de l’Institut de Recherches en Sciences Appliquées et Technologies (IRSAT), ont menés des recherches qui ont permis l’incorporation de la PDCO et du manioc à la farine de blé, pour la production de farine panifiable et de pain. Une belle initiative que le Dr Abel Tankoano, chercheur au DTA, félicite comme il se doit. « L’équipe a abattu un gros boulot en créant des solutions tendant à diminuer la dépendance du pays face à l’importation du blé », a-t-il souligné. Pour la coordonnatrice, le projet « Développement d’une technologie de production de farine panifiable et de pain à base de  manioc et de PDCO » a travaillé à apporter de la valeur ajoutée pour le producteur et contribuer à l’économie nationale.

Allier transformation et hygiène !

Un transfert de compétence pour une meilleure adoption …

Un transfert de compétence est bien plus qu’un simple partage de savoir-faire : c’est un levier stratégique pour que les technologies ne restent pas que des outils, mais qu’elles deviennent des solutions vécues, maîtrisées et adoptées par les communautés locales. Il permet aux bénéficiaires de s’approprier les outils, de les adapter à leur réalité et de créer autour un écosystème local d’innovation. C’est dans ce sens que cette session de formation a été organisée. Pour Mme Millogo/Millogo Cécile, Transformatrice Boucle du Mouhoun elle leur permettra de diminuer le taux de chômage à travers des créations d’emplois dans leurs différentes unités de transformation. « C’est notre première fois de voir de tels mets. Notre objectif c’est d’avoir des marchés dans les écoles, les camps militaires, etc. », a ajouté dame Millogo.

Et pour que cette session ne soit pas une session de plus, les responsables de l’IRSAT n’entendent pas laisser pour compte les bénéficiaires de cette formation. Ils seront suivis pour la pérennisation des acquis engrangés, selon le Dr Bayili Geoffroy Romaric. « Nos scientifiques sont disponibles pour accompagner les participants après cette session, afin de se rassurer que les acquis soient véritablement utilisés comme il se doit », a -t-il conclu.

En rappel, le projet « Développement d’une technologie de production  de farine panifiable et de pain à base de  manioc et de PDCO » est financé par le FONRID en partenariat avec le CRDI Canada et AGRONOUR INOV. Mis en œuvre par l’IRSAT /DRO en vue de valoriser les produits locaux et réduire la dépendance au blé importé au Burkina Faso, il est à sa fin, après 18 mois de mise en œuvre.

Chaque participant a reçu une attestation de formation !
Photo de groupe à l’issue de la cérémonie d’ouverture !

Djama KONE

Ashmy SOME